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Tout, dans ce film, tient du Grand Guignol, les accidents, le sang, le pathos, l'outrance. On comprend que l'exercice de l'Etat est manipulateur, hisse au sommet puis fait dégringoler au plus bas, mais que ce film est plat ! Une suite de bouffonneries même pas drôles. Triste ratage.
Le sysnopsis et les acteurs paraissaient intéressant, mais le résultat un film totalement décousu bourré de clichés assez vide et franchement ennuyeux. Des longueurs pénibles une espèce de caricature d'un homme d'Etat. Quel ennui...
Pour son scénario inventif et ses acteurs exceptionnels, j'ai adoré ce film qui va au-delà du thème du pouvoir et de la politique et fascine par la profondeur psychologique et l'imaginaire qu'il déploie. J'attends le prochain film de Ph Schoeller !
Selon le regard porté sur les personnalités politiques, le spectateur adhèrera ou rejettera cette intrusion de Pierre Schoeller dans le monde entrepreneurial des gouvernants français. Là où il faut s'allier ou se renier, le fameux "avaler son chapeau", se positionner donc, toujours rebondir, du moins en avoir l'air. La solitude est exclue, la fuite vaut désertion sur le champ de bataille. S'impose un refuge affectif solide. Tel est la vision du cinéaste qui effleure à peine l'égrillard, merci, cela nous fait des vacances... Le ministre coaché par sa gardienne anti dérapage verbal fait penser à nombre d'esclaves du business pressés ou statiques comme sphinx au contraire. Ici englués dans la grande famille de collègues-rivaux, chacun rêvant que son nom entre dans l'histoire. Petit détail que l'électorat, le baromètre qui rend la mission noble. Ces champions sont flanqués de femmes dont aucune ne saurait les dépasser dans le marigot... Et voilà qu'on bifurque sur une autoroute en construction, le film pouvait s'arrêter net, laissant une forme de fraternité pulvériser cette frénésie. Eh bien non, les parapheurs sont déjà à signer. Une forme de guerre en somme !
Un grand film pour cette automne qui nous tient en haleine sur un sujet pourtant difficile : l'analyse fine des relations internes au monde social du pouvoir. Mais la force émotionnelle, l'excellent casting, l'absence de simplisme portent ce film vers l'excellence. À voir sans hésiter.
Le talent de nous entourlouper (nous le peuple) au profit d'un carrièrisme latent et au final assumé, voilà le rôle magistral endossé par Olivier Gourmet (toujours impérial). Entouré des remarquables Michel Blanc, Zabou Breitman et Laurent Stocker pour ne citer qu'eux car il n'y a pas de fausses notes dans le casting, une exceptionelle leçon de politique s'offre à nos yeux ébahis de tant de médiocrité ! Après le remarquable film "La Conquète" de Durringer : un constat !
Elle n'est pas "glamour" cette description de l'envers des ors de la République, et pourtant ces élus se battent pour faire passer un peu de leur idée de l'avenir. Ils avalent d'énormes couleuvres, et les compagnons de dix ans sont vite oubliés au gré des promotions, mais ils avancent néanmoins, au service de l'Etat, et au détriment de toute vie privée. Il est sans doute trop rare d'accéder ainsi à des bribes de la vie de ces hommes et femmes de l'ombre, surexposés médiatiquement mais dont on sait finalement très peu de choses sur leur quotidien. A voir.
Mise en évidence de la vie d'un homme politique, le stress, l'absence de vie de famille, les couleuvres à avaler. Tous les acteurs sont très bons y compris les non professionnels.
Réflexion sur la politique, ses mécanismes, la fascination qu'inspire le pouvoir et sur les hommes qui le détiennent. Olivier Gourmet est excellent en ministre des transports avide de pouvoir et aussi terriblement humain. Ce film singulier est très beau, il faut le voir absolument.
On a beau croire tout savoir sur la politique, le film de l’ancien documentariste peut nous en apprendre encore. Le ministre des transports doit profiter d’une « séquence émotion » pour faire passer des mesures impopulaires. Oui la com’ a pris toute la place mais il peut y avoir des morceaux de sincérité : un dir’ cab’ qui se passe les scansions de Malraux d’ « entre ici Jean Moulin » ne peut être entièrement mauvais. Le pouvoir est nu, il s’enivre, désemparé, dans l’illusion. L’excitation multipliée par la vitesse des nouveaux moyens de communication est bien rendue dans un film rythmé, loin des caricatures et pourtant décapant, même si les séquences oniriques sont un peu lourdes à mon avis quand elles soulignent le côté bandant de la position ministérielle. Revenu devant des écrans plus petits, je n’ai plus vu le personnel politique avec le même œil. De bons acteurs, dans le film, des dialogues excellents où la distance entre les gouvernants et les citoyens est pointée avec justesse.
Parlons des hommes d'abord. Le réalisateur et les acteurs ont établi une oeuvre sans faute. Ensuite l'intérêt de ce film, qui n'est pas politique mais sur un homme politique et son métier de ministre, c'est qu'il n'est pas manichéen. L'histoire ne cherche pas à rendre le "héros" sympathique ou pas elle cherche surtout à décrypter un monde inhabituel avec toutes ses arcanes, compromissions, lachetés, moments de solitude malgré l'entourage...et tout celà est admirablement rendu par un Olivier Gourmet magistral. Je voulais aller voir le film de Clooney mais je crois que je vais rester sur cette dernière séance de politique-(pas trop)fiction.
Le propos du film est original...Suivre un ministre (Olivier gourmet ministre des transports) dans ses fonctions...On le voit tour à tour dans son cabinet, à Matignon, dans son ministère accompagné de Michel Blanc...C'est donc un film sur la politique et le désarroi qui franchement ne donne pas envie d'etre ministre...Une épée de Damoclès est toujours en suspens quoi qu'il fasse...Les acteurs sont convaincants et le fim jette un oeil indiscret sur l'homme privé derrière le ministre...La dualité permanente entre l'homme et le ministre est au fond la moelle épinière du film...Les plus beaux moments sont à la fin, les instants de solitude habilement filmés (la voiture sur la route, le discours sans voix) font prendre question de l'humanité derrière la fonction.... Ce n'est pas un film à opinion politique attention, c'est simplement un tableau sur la fascination perverse que peut exercer ce métier, ses hauts, ses bas et il est finalement dur d'y rester insensible...S'il fallait comparer j'avais préféré Pater d'Alain cavalier plus décalé et plus enthousiaste...A vous de voir. (note 3.5)
"Versailles", le film précédent du quinquagénaire Pierre Schoeller ne m'avait pas convaincu. Avec "l'exercice de l'état", son 3ème long métrage, la pente est plus que sensiblement remontée. Présenté à Cannes 2011 dans la sélection "Un Certain Regard", ce film complète parfaitement les 2 autres films politiques français de l'année, "La conquête", qui, lui, était hors compétition dans la sélection officielle et "Pater", en sélection officielle. "L'exercice de l'état" nous plonge dans la politique au plus haut niveau de l'état en nous montrant les féroces luttes de pouvoir, les compromissions, les lâchetés mais aussi les fidélités, tout cela dans un environnement de libéralisme économique de plus en plus prégnant. Olivier Gourmet est ici Bertrand Saint-Jean, le ministre des transports; Michel Blanc est Gilles, son Directeur de cabinet; Zabou Breitman est Pauline, responsable de la communication. En entrant dans ce film, on pouvait se douter que la vie d'un(e) politicien(ne) était une vie de chien, en en sortant, on en est convaincu. En entrant dans ce film, on pouvait se douter que la plupart des opérations annoncées par le gouvernement sont des opérations bidons. en en sortant, après avoir vécu de l'intérieur une opération de ce type "en faveur des chômeurs", on en est convaincu. Pourtant, ne nous méprenons pas, ce film n'a rien de populiste ou de poujadiste. La preuve : malgré tous leurs défauts, leurs magouilles, on arrive à avoir une certaine sympathie pour ce petit monde.
bonjour corrio, tout à fait d'accord avec vous, ces trois films La conquête, Pater et l'exercice de l'état se complètent forcément dans trois styles bien distincts...Les trois regards ont leurs raisons d'être et constituent un beau témoignage politiquue et cinématographique...On peut aimer les trois de façons différentes. cordialement
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