Dessins et sculptures de Géricault à Rodin
L’exposition Michel-Ange au siècle de Carpeaux étudie l’influence de Michel-Ange sur le grand sculpteur du XIXe siècle Jean-Baptiste Carpeaux, ainsi que sur l’oeuvre de ses prédécesseurs, contemporains et héritiers, depuis Géricault jusqu’à Rodin.
C’est un fait connu et cependant négligé de l’histoire de l’art : l’oeuvre de Michel-Ange est au XIXe siècle une source d’inspiration inépuisable, un puissant accélérateur de modernité. Depuis l’époque classique un interdit pesait sur son oeuvre, jugée trop intimidante et licencieuse pour être donnée en exemple. Au début du XIXe siècle, à l’heure de l’Académisme renaissant, l’auteur de la chapelle Sixtine s’est imposé aux jeunes artistes romantiques comme un génie tutélaire, un modèle superlatif à imiter pour s’affranchir de normes éculées.
C’est cet héritage que le musée des Beaux-Arts de Valenciennes se propose d’exposer pour la première fois. L’exceptionnel fonds de Jean-Baptiste Carpeaux qu’il conserve, constitué notamment de plus de 5.000 dessins, l’y prédestinait. À mi-chemin entre Géricault et Rodin, entre le Radeau de la Méduse et la Porte de l’Enfer, l’oeuvre de Carpeaux constitue l’un des sommets d’un michelangelisme à la française.
Le dessin est le médium privilégié pour appréhender les processus d’appropriation de ce langage que sont la copie, l’imitation, la citation et le détournement. Ces diverses pratiques, dans lesquelles entrent une part d’invention croissante, sont autant d’efforts tendus vers le dépassement de soi, mais que l’écueil du pastiche menace en permanence. C’est donc aussi une enquête sur la création que propose le musée des Beaux-Arts de Valenciennes à partir de l’abondant fonds graphique de Carpeaux, autour duquel a été réuni un large ensemble constitué de près de 200 dessins et sculptures de ses prédécesseurs, contemporains et héritiers : Géricault, Delacroix, Moreau, Cabanel, Rodin…