Les années décisives
Dans le parcours du chanteur américain, d’une exceptionnelle longévité, les années
1961-1966 sont décisives : c’est pourquoi l’exposition « Bob Dylan, l’explosion
rock » leur est entièrement consacrée.
Au cours de cette période, Dylan, devenu une figure emblématique de la protest
song, prend ses fans de court en troquant sa guitare acoustique pour un instrument
électrique et des paroles aux accents surréalistes : il provoque, à 25 ans, un déni
artistique à la hauteur de l’adulation qu’il suscite. De cette métamorphose du
personnage en rock star, le photographe Daniel Kramer offre un témoignage
saisissant. Bob Santelli, commissaire de l’exposition, a retenu une soixantaine de
clichés en noir et blanc qui forment le coeur de l’exposition. Loin du tumulte, c’est au
contraire le visage encore juvénile de la star, souvent chaussé de lunettes noires, et
une mince silhouette qui se détachent, en studio ou en coulisses. Daniel Kramer s’est
aussi distingué en réalisant les pochettes de deux albums mythiques : Bringing It All
Back Home et Highway 61 Revisited, véritables manifestes qui octroient à Dylan un
prestige que seul Elvis Presley avait atteint jusque-là. Autour de cette galerie de
photographies, habitée par la voix singulière de Bob Dylan, s’articulent les temps
forts de sa carrière musicale, esquissée à Hibbing, pleinement amorcée dans les
clubs de Greenwich Village, en pleine renaissance folk, et scandée par les concerts
du Newport Folk Festival en 1964 puis 1965. L’exposition présente l’une des
premières guitares acoustiques de Dylan, des manuscrits de chansons, des photos et
documents de sa jeunesse, de nombreuses archives audiovisuelles et extraits de
concerts. Des guides d’écoute, réalisés par la Médiathèque de la Cité de la musique,
et un espace plus spécifiquement dédié aux rapports privilégiée entre Dylan et la
France à cette époque complètent le parcours du visiteur.